Le Rocher à Portée de Doigts

Une phase de déconfinement à commencé. Bon, la salle est encore fermée, et les informations pour la pratique en extérieur ne sont pas vraiment très claires... Mais certains grimpeurs retournent déjà en falaise. Et ce beau temps est particulièrement motivant pour une "reprise" de votre activité préférée!

La "reprise" s'accompagne souvent d'une certaine excitation, alimentée par des semaines de frustration, exacerbée par toutes ces vidéos analysées, ces articles de grimpe épluchés et ces exercices d'entraînement maintes fois répétés à la maison. Vous êtes prêts à en découdre! Et puis... un certain désarroi s'installe en constatant l'étendue des dégâts...

Cette situation un peu désagréable, on l'on compare notre niveau d'avant à celui de maintenant, on la vie régulièrement (et même souvent cette année avec les arrêts forcés de la pratique). L'escalade c'est quand même un peu ingrat comme sport. 

 

Les Cotations

La cotation est le principal outil que nous avons pour évaluer notre niveau de pratique et choisir une voie ou une sortie. Idéal pour voir les progrès, très utile pour savoir ou on va, et aussi se comparer. Mais c'est un outil très subjectif, issu d'un consensus entre les ouvreurs (parfois), les répétiteurs (les grimpeurs qui ont fait la voie), consensus particulièrement sensible aux particularités régionales ou même de site. Qui n'a pas déjà tremblé dans un vieux dièdre coté 3 lettres en dessous de son niveau? Qui n'a pas déjà regardé l'étiquette du pied de la voie avec un l'oeil furieux: "Il manque un + là!!"

Il faut avouer que la cotation est aussi un bon outil pour se faire du mal et brouiller cette belle énergie qui vous animait au début de la séance.

Laurence Guyon de la Fabrique Verticale à écrit un article bien senti sur les cotations, consultable ICI. A la fin de l'article elle fait une proposition sympa: grimper sans regarder les cotations.

 

J'ai Oublié mon Topo

Alors évidemment, le topo ne sert pas qu'à connaître la cotation d'une voie, ne jetez pas votre collec'! Il est aussi très utile, entre autres, pour savoir comment accéder à cette belle falaise et à ce beau secteur.

Comment fait-on en pratique? Deux solutions s'offrent à vous: Soit vous avez la force mentale pour ne pas regarder la cotation de la voie dans le bouquin ou sur l'étiquette (plus dur en salle) soit vous vous en remettez à votre partenaire pour le choix ou le contrôle de votre choix de voie. Et si vous ne souhaitez pas trop engager en tête, vous pouvez faire poser une moulinette dans une voie inconnue par votre collègue ou décaler votre corde sur un relais voisin si la configuration du lieu le permet. (En gros tu passes par le 4b en tête pour mettre la corde dans cette belle voie qui ressemble à un 8b)

Vous pouvez vous décider en observant depuis le bas ou à la descente d'une voie adjacente en estimant vous-même la difficulté. C'est un moment intéressant car il va nécessiter que vous vous projetiez bien plus qu'à l'ordinaire. Vous serez certainement plus sensible à l'esthétique d'un passage qui vous fait envie de par la couleur ou la forme de son rocher, ou par le cheminement original de ses prises en résine. Au lieu de choisir la tête baissée sur un bouquin, vous allez lever le nez, vous "connecter" à la voie et partir à l'aventure comme le premier grimpeur de tous les temps (pour de faux évidemment).

Tout le reste n'est qu'adaptation, qualité particulièrement appréciable chez le grimpeur. Comme le dit Laurence Guyon, on peut avoir de bonnes surprises et "faire des croix inattendues!". Vous pouvez également pousser l'exercice en ne regardant pas a posteriori le niveau de la voie.

 

Et si ça fait pas??!!

Il y a aussi des chances pour que vous preniez un but. C'est déjà courant quand on connaît la cot' et ça fait vraiment partie de notre sport. Mais du coup, comment fait-on quand on est en tête mais qu'on est pas arrivé au relais mais qu'on veut pas laisser nos dégaines toutes neuves dans la voie?

Et bien il existe plusieurs techniques dites de "réchappe" pour résoudre ce problème. 

La technique "officielle" la plus couramment utilisée est très bien décrite ICI en vidéo par la chaîne "Pointsdechutes", partenaire du CREPS Rhône-Alpes. 

Quand on connaît cette manipe et qu'on la maîtrise, c'est-à-dire la faire dans un temps correct sans avoir à réfléchir, on se sent soudain plus léger quand il s'agit d'explorer des voies dures. On s'enlève quand même un gros frein mental à ce niveau. Il faudra trouver d'autres excuses pour pas faire un run dans cette magnifique ligne ou tous les autres potes sont passés!

 

Respiration

On en a parlé dans les précédentes publications: le grimpeur à besoin d'être particulièrement concentré sur sa grimpe pour réussir. Le contrôle volontaire de la respiration fait partie des méthodes permettant de gérer ses émotions, de centrer son énergie sur un objectif.

Voici une technique simple à mettre en oeuvre dans tout un tas de situations de la vie et aussi en escalade avant un essai, à la dégaine si on fait une pause, ou même au niveau d'un point de repos (PME pour les initiés): la respiration carrée. C'est une façon de respirer issue du pranayama qu'on appelle aussi Sama Vritti (pour les yogi).

Il faut décomposer la respiration en quatre phases de durée égale: inspiration, apnée poumons pleins, expiration, apnée poumons vides. Cette respiration s'effectue uniquement par le nez. Par exemple, faire un cycle de respiration ou chaque phase dure 4 secondes. Ce n'est pas la durée d'une phase qui compte, c'est selon votre envie, mais le nombre de cycles que vous faites.

-De 4 à 10 cycles pour retrouver son calme en cas d'émotions trop intenses, retrouver un peu de tonus et d'énergie, ce centrer rapidement dans le présent

-Sur 20 cycles et plus pour se relaxer plus profondément et améliorer sa concentration et sa détente sur plus long terme.

 Comme c'est très facile à mettre en oeuvre, on peut s'entraîner à cette technique et la tester n'importe où, dans n'importe quelle situation. Evidemment plus vous la maîtrisez, plus vous êtes capable de sortir cette arme de concentration au bon moment!

 

 La video de la Semaine

Voici une démonstration d'escalade réalisée par un illustre inconnu.

Une gestuelle précise, des placements justes et instinctifs, un sens de l'adaptation et de l'engagement. Ce n'est pourtant pas l'expérience qui s'exprime dans cette VIDEO.

On sourit, on est impressionné et puis on est bien obligé de se rendre compte d'un truc: grimper est au fond de nous, depuis nos premiers déplacements, avant la marche. Des gestes et des sensations de quadrupède (que l'on a parfois oublié) avec lesquels on a un lien fort.

 

Matthieu, pour Duo des Cimes

Nos Partenaires

FFME - FFCAM - FFASPTT - Ville de Gap - CG 05 - Région PACA -  - logo biocoop a4 paysage fond blanc plus sign