On continue la technique

 L'escalade c'est une histoire de masse qu'on déplace du bas vers le haut d'une voie ou d'un bloc. Et pour déplacer une masse on a besoin d'énergie. On décrit souvent un grimpeur en fonction de ses qualités physiques: "il serre les prises!", "il a une conti de malade!". L'art de la grimpe c'est de trouver des méthodes, des subterfuges pour que cette énergie dépensée soit la plus faible possible, ainsi on grimpe plus haut ou plus dur. En gros, il s'agit d'optimiser l'effort. 

 

La science décortique la grimpe

Les scientifiques se sont intéressés à ce sport d'un point de vue biomécanique pour comprendre comment cette énergie est dépensée. L'article scientifique de Pierre Legreneur, chercheur à l'université de Lyon est ICI. L'étude des efforts du grimpeur répétant la même voie, en fonction du déplacement de son centre de gravité est révélatrice. Après lecture de l'article, vous ne direz plus "J'ai trouvé la méthode!" mais "J'ai trouvé l'indice d'entropie minimale de la voie!" Nickel pour briller sur les tapis de la salle!

Plus sérieusement, l'étude montre que la trajectoire du bassin du grimpeur est un indicateur fiable de sa performance donc un outil pour progresser. 

                                                                       

 Au départ d'une voie dure ou après un échec, on entend souvent le grimpeur incriminer sa force. Mais si on ne voulait jouer que sur nos capacités physiques pour réussir, il nous faudrait quelque chose comme un mois minimum pour les améliorer et enchaîner la voie. Stratégiquement, on a meilleur temps de se concentrer sur les déplacements économiques. C'est ce qui se passe souvent en bloc, quand le pas monstre dur au premier essai devient réalisable au fur et à mesure que les placements s'affinent, alors que notre force physique n'a pas évoluée au cours de la séance.

 

Positive attitude

Le dialogue interne du grimpeur incriminant sa force est assez négatif et nuit à sa réussite. On abandonne souvent à quelques dégaines du relais parfois envahi par ce genre de pensées (et un mal aux avants-bras bien réel). En prenant conscience que l'on peut améliorer son essai en se concentrant sur les placements de bassin, le message du mental est alors plus constructif: "J'ai les capacités pour y arriver". Cet état d'esprit, orienté vers les sensations du placement, rapproche de l'essence de la grimpe qui est un art du mouvement.

D'ailleurs nous sommes même parfois un peu déçu d'un passage réalisé "en force" malgré la réussite. C'est dire l'importance du plaisir du geste dans notre pratique.

 

 En image

Dans CETTE VIDEO, on va pouvoir comparer le style de deux grimpeurs dans la même voie. Bon, c'est pas n'importe qui, ni n'importe quelle voie, ils sont tous les deux extrêmement forts mais on peut observer des différences de placements même quand ils font la même méthode. 

Et ça, c'est un bon exercice. Observer les mouvements du bassin d'un grimpeur plutôt que regarder ses mains et ses pieds (ça occupe quand on assure par exemple). En gros, imaginer un gros point rouge juste au dessus de la sangle du dos du baudrier et reluquer ses gesticulations.

 

 Anthropométrie

Un truc rigolo pour faire une pause dans toutes ces videos d'escalade que vous allez vouloir éplucher maintenant, et avant de pouvoir retourner pratiquer:

Calculer votre APE INDEX.

C'est une mesure qui compare l'envergure de vos bras avec votre taille pour savoir si vous avez les bras longs, moyens, ou courts. C'est une mesure qui est souvent utilisée dans les sports qui mobilisent beaucoup le haut du corps (natation par exemple). Intuitivement on se doute qu'un grand ape index est un atout en escalade, pour l'allonge, mais c'est pas forcément vrai (ICI). D'ailleurs, pour vous rassurer si vous avez le moins bon ape index de la famille ou que votre meilleur pote de grimpe: Adam Ondra à un ape index inférieur à 1 (si si!)!

 

Matthieu, pour Duo des Cimes.

 

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